Cancer professionnel : de quoi parle-t-on ?

Mise à jour : 
mai 2019

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Chiffres clés sur les cancers professionnels en France et en région Paca.

Les cancers représentent la première cause de décès en France ; 4,0 à 8,5% d’entre eux seraient d’origine professionnelle, ce qui représente de 14 à 30 000 nouveaux cas de cancers chaque année selon le Plan Cancer 2014-2019. La moitié de ces cancers professionnels sont des cancers à létalité élevée. Selon la localisation du cancer et le sexe, les fractions attribuables aux expositions professionnelles varient sensiblement : 10% des cancers de la vessie et 50% des cancers de la face et des sinus chez l’homme sont estimés d’origine professionnelle.

En région Paca-Corse, près de 700 cas de cancers professionnels ont été indemnisés sur la période 2008-2014, chez les salariés du régime général, 3,7% des maladies professionnelles indemnisées sur la période étaient des cancers.

Selon l’InCa, les cancers d’origine professionnels bien que bénéficiant aujourd’hui d’un meilleur repérage et d’une meilleure reconnaissance, restent néanmoins largement sous-déclarés, sous-reconnus et donc sous-indemnisés. L’origine professionnelle n’est pas suffisamment évoquée ; en cause plusieurs facteurs : l’absence de forme anatomopathologique pouvant faire suspecter une origine professionnelle (mésotheliome mis à part), l’apparition des signes cliniques souvent après la cessation de l’activité, la difficulté des médecins à mener un interrogatoire orienté sur la recherche d’une origine professionnelle, la sous-recherche d’une exposition professionnelle en cas de tabagisme actif du patient…

Chiffres sur l’exposition des salariés 

L’enquête SUMER de 2010 révèle qu’un salarié sur 10 (soit 2 millions de salariés) est exposé à au moins un produit chimique cancérogène ; pour ¾ de ces salariés environ, la substance en cause appartenait à la liste de huit substances suivantes : gaz d’échappement diesel, huiles minérales entières, poussières de bois, silice cristalline, formaldéhyde, plomb et dérivés, goudrons de houille et dérivés et hydrocarbures aromatiques.

Il existe des inégalités sociales en matière d’expositions aux agents cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) : les ouvriers qualifiés ou non, occupés à des postes d’installation, de réglage et de maintenance sont les plus touchés ; les travailleurs de nuit ont également plus de risque d’être exposés à au moins un agent CMR.

Le cancer dans les différents Plans nationaux

Le plan national Cancer 2014-2019 et la plan national Santé au Travail 2016-2020 prévoient que la prévention primaire en milieu de travail soit renforcée pour réduire l’exposition aux agents cancérogènes. Le plan national Cancer 2014 – 2019 prévoit également un renforcement du suivi médical des personnes exposées à des risques de cancers professionnels et une amélioration de l'identification des cancers d’origine professionnelle afin de permettre leur reconnaissance en maladie professionnelle.