Voies urinaires

Mise à jour : 
juin 2014

Conduite à tenir devant une tumeur des voies urinaires d'origine professionnelle ou devant un patient à risque

Repérer une origine professionnelle

Demandez au patient si un document signalant une ou plusieurs expositions à des risques professionnels lui a été remis (attestation d’exposition ou fiche de prévention des expositions) ;

Posez des questions sur les métiers exercés par votre patient, recherchez notamment une des situations à risque listées ci-dessous :

Principales situations de travail pouvant être concernées Principaux risques à rechercher Système de réparation
  • Synthèse / préparation / utilisation de colorants, fabrication d'élastomères (liste limitative de produits)
  • Industrie du caoutchouc

Exposition à certaines amines aromatiques (voir tableau)

TRG 15 ter

  • Travaux en cokerie (marche ou entretien des fours)
  • Travaux de fabrication de l’aluminium selon le procédé Söderberg
  • Application de bitume avant 1985

Manipulation de goudrons, suies, dérivés de combustion du charbon, brais de houille = produits contenant des hydrocarbures aromatiques polycycliques "HAP"

TRG 16 bis

  • Travaux de ramonage et d'entretien des chaudières et foyers à charbon
  • Travaux de récupération et traitement des goudrons exposant aux suies de combustion du charbon.

 

TRA 35 bis
  • Métiers agricoles concernés, notamment par les traitements anticryptogamiques de la vigne
  • Usinage de bois traités à partir d’arsenic ou de ses composés minéraux

Manipulation ou emploi d’arsenic ou de ses composés minéraux

TRA 10

  • Manipulation de / exposition à des huiles usagées (huiles portées à haute température)
  • Travaux exposant aux gaz émis par les moteurs diesel
  • Produits de combustion comportant des hydrocarbures aromatiques polycycliques "HAP"
  • Inhalation de particules diesel

CRRMP

TRG : Tableau de maladie professionnelle du Régime Général
TRA : Tableau de maladie professionnelle du Régime Agricole
CRRMP : Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles, saisi lorsque toutes les conditions du tableau ne sont pas remplies.

Cette liste est reproduite ou inspirée de la brochure sur les cancers d'origine professionnelle éditée par la Ligue contre le cancer, après autorisation.
Pour en savoir plus :
http://www.ligue-cancer.net/files/national/article/documents/bro/cancers-profesionnels.pdf

Pensez également aux principaux facteurs extra-professionnels associés :

  • Consommation de tabac
  • Consommation de cannabis

Surveillance médicale des patients à risque en l’absence de symptôme

Pour les patients exposés ou ayant été exposés à des agents cancérogènes pour la vessie, un dépistage ciblé est recommandé.

Extrait des recommandations de la Société française de médecine du travail, en collaboration avec la Société française du cancer et l’Association française d’urologie - Label InCA-HAS avril 2012

Le patient est en activité professionnelle

C’est le médecin du travail qui s’occupe :

  • de la surveillance de l’exposition ;
  • de la surveillance post-exposition, qui concerne des sujets toujours en activité professionnelle mais non exposés au risque (même s’ils ont changé d’établissement) et qui est assurée par le médecin du travail de l'entreprise actuelle selon les mêmes modalités que la surveillance post-professionnelle.

Le patient est inactif (chômeur, retraité...)

La surveillance, dite post-professionnelle, est réalisée par le médecin généraliste ou l’urologue ou la Consultation de pathologie professionnelle. Elle est recommandée pour les travailleurs à risque très élevé exposés un an et plus, et proposée au cas par cas pour les travailleurs à risque très élevés exposés moins d’un an et les travailleurs à risque élevé exposés un an et plus. Elle comporte :

  • une cytologie urinaire ou cytodiagnostic urinaire dont le but est de détecter des cellules tumorales provenant d’une tumeur de vessie ou des voies excrétrices urinaires, desquamant dans les urines.
  • Réalisée 20 ans après le début de l’exposition au cancérogène vésical puis tous les 6 mois.

Consulter les catégories de travailleurs à risque très élevé et élevé
Consulter les catégories de travailleurs à risque modéré ou pour lesquels les données sont insuffisantes

Consulter la synthèse des recommandations de bonne pratique

Que faire en cas de symptomatologie urinaire chez un patient à risque ?

Si l’un des symptômes suivants survient, même isolé, adresser le patient à un urologue en mentionnant son activité professionnelle à risque :

  • Hématurie microscopique ou macroscopique (qu’elle soit terminale ou totale)
  • Troubles mictionnels
  • Infection urinaire