1. Confirmer le diagnostic
Suspicion clinique | Confirmation |
|---|---|
Dermite irritative | La clinique est généralement suffisante. En cas de dermatite chronique ou de doute diagnostic, bilan allergologique |
Eczéma de contact allergique | Confirmation par tests épicutanés (patch-tests) réalisés par une équipe spécialisée |
Urticaire de contact | Confirmation par tests d'allergie immédiate (open tests, prick-tests, IgE spécifiques selon le contexte). |
2. Vers qui orienter ?
Si une origine professionnelle est suspectée, adresser le patient vers :
Le médecin du travail, avec un courrier :
- Si le patient travaille, il peut à tout moment demander une visite à la demande
- En cas d'arrêt de travail, le patient peut demander une visite de pré-reprise au médecin du travail pour envisager des aménagements de poste ou un reclassement si nécessaire, et mobiliser le réseau de maintien dans l’emploi si besoin.
Rappel
Le médecin du travail, son rôle est essentiel pour :
- Analyser le poste de travail
- Identifier les expositions
- Orienter les tests allergologiques
- Proposer des mesures de prévention
- Organiser le maintien dans l'emploi
- Le centre régional des pathologies professionnelles et environnementales (en l’absence de médecin du travail ou devant des formes atypiques)
Si une exposition environnementale est suspectée, adresser le patient vers :
Les conseillers habitat santé (CHS) et les conseillers (médicaux) en environnement intérieur (C(M)EI) ; il s’agit de professionnels diplômés, en capacité :
- D’établir un audit de l’environnement intérieur
- De proposer des conseils concrets et personnalisés face aux risques environnementaux
les contacter en Provence Alpes Côte d’Azur - Lorsque le patient est un enfant, l’orienter vers une consultation enfant environnement pour sa prise en charge.
3. Prévenir
Le traitement médicamenteux est indispensable mais reste insuffisant si l'exposition persiste.
Les mesures en entreprise
La dermite irritative de contact, contrairement aux dermatites allergiques, peut être prévenue par une éducation sanitaire du patient pour éviter les contacts avec l'agent irritant et les lésions mécaniques de la peau (abrasion, microtraumatismes, coupures...).
Particularités de la dermatite allergique :
- Changement de produit dans l’entreprise (si possible), éviction de l’allergène indispensable
- Mesures de protection individuelle, port de gants, crèmes barrières
- Si l’éviction de l’allergène est impossible, un changement de poste sera envisagé
Dans certains cas, une information sur les risques d’allergie croisée est nécessaire, qu’il s’agisse d’allergènes professionnels ou de la vie courante.
Vigilance chez les travailleurs indépendants
Les travailleurs indépendants, ne bénéficiant généralement pas de suivi de santé par un service de prévention et de santé au travail, une vigilance accrue les concernant est à préconiser, afin de les orienter le plus précocement possible vers des professionnels compétents.
- Depuis 2021, les travailleurs indépendants peuvent bénéficier d’une offre spécifique de la part des services de prévention et de santé au travail. Cet accompagnement par une équipe pluridisciplinaire permet d’agir à la fois sur la prévention des risques professionnels et sur la prévention de la désinsertion professionnelle (aménagement du poste de travail, mobilisation d’aides, accompagnement au maintien en emploi, etc.).
- Ils peuvent également s’adresser aux caisses primaires et service social de l’Assurance maladie.
4. Déclarer
Selon la situation, vous pouvez inviter et accompagner le salarié dans le cadre de la procédure de demande de reconnaissance :
En maladie professionnelle, si les critères des tableaux sont remplis ; reportez-vous à l’aide au remplissage du certificat médical initial de maladie professionnelle
À noter
Compte tenu du faible taux d’IPP attribuée aux dermatites professionnelles (généralement guérison ou légères séquelles), il n'existe pas de possibilité de les faire reconnaître en Comité régional de reconnaissance en maladie professionnelle (CRRMP).
En accident du travail en cas d’exposition aiguë identifiée.