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Si suspicion d’une pathologie liée à une exposition professionnelle au plomb, que faire ?

Outre la prise en charge médicale, il est possible de rechercher s’il existe un risque professionnel au plomb décrit dans les tableaux de maladie professionnelle. Certaines pathologies provoquées par l’exposition au plomb peuvent être reconnues comme maladie professionnelle si elles sont inscrites dans le tableau 1 des maladies professionnelles du régime général de la Sécurité sociale  (TRG1) ou dans le tableau 18 du régime agricole (TRA18).

Il s’agit des pathologies indiquées dans le tableau suivant :

* Une plombémie est nécessaire pour chaque diagnostic ainsi que d’autres précisions médicales sont demandées, pour davantage d’informations : cliquer sur les tableaux de maladies professionnelles correspondant. A noter que les dosages de la plombémie doivent être pratiqués par un organisme habilité

Pathologie/Symptôme*

Système de réparation

Hématologique/biologique

 

Anémie

TRG1 / TRA18

Syndrome biologique, caractérisé notamment par une plombémie égale ou supérieure à 500 μg/L

TRG1 / TRA18

Digestif

 

Syndrome douloureux abdominal avec constipation

TRG1 / TRA18

Rénale

 

Néphropathie tubulaire

TRG1 / TRA18

Néphropathie glomérulaire et tubulo-interstitielle 

TRG1 / TRA18

Neurologique

 

Encéphalopathie aiguë

TRG1 / TRA18

Encéphalopathie chronique

TRG1 / TRA18

Neuropathie périphérique

TRG1 / TRA18

En parallèle, plusieurs situations possibles :

Votre patient(e) est en activité

Orientez-le (la) vers son médecin du travail

Informez votre patient(e) d’une possibilité de déclarer sa pathologie en maladie professionnelle, si la situation rentre dans le cadre des tableaux des maladies professionnelles (cf page 3) et dans ce cas :

  • Remplissez un certificat médical initial de maladie professionnelle
  • Le patient(e) doit ensuite envoyer le formulaire de déclaration à l’Assurance Maladie
A noter que si la situation ne rentre pas dans le cadre des tableaux des maladies professionnelles, mais que la pathologie semble être directement liée à une exposition professionnelle au plomb, il est possible d’établir une demande de déclaration en maladie professionnelle. Celle-ci passera par l’étude détaillée du comité régional de reconnaissance en maladie professionnelle (CRRMP)

Déclarer une maladie professionnelle

En savoir plus

Votre patient(e) est non actif(ve) / retraité(e)

Si la pathologie correspond à un tableau des maladies professionnelles, invitez votre patient(e) à entamer une démarche de reconnaissance en maladie professionnelle

La situation est complexe et/ou il y a une absence de médecin du travail

Orientez votre patient(e) vers le CRPPE, qui pourra évaluer son exposition et l’accompagner dans les démarches.

Si l’état de santé de votre patient(e) et/ou son exposition professionnelle peut engendrer des difficultés à reprendre ou garder son poste de travail actuel : que faire pour prévenir un éventuel risque de désinsertion professionnelle ?

  • Orienter son patient(e) vers le médecin du travail le plus tôt possible, à travers un courrier
  • Si le patient(e) travaille, l’inviter à contacter le médecin du travail pour une visite à la demande
  • Si le patient(e) est en arrêt de travail, l’inviter à contacter le médecin du travail pour une visite de pré-reprise pour envisager des aménagements de poste ou un reclassement si nécessaire, et mobiliser le réseau de maintien dans l’emploi si besoin.

Si suspicion d’une pathologie liée à une exposition environnementale au plomb, que faire ?

Outre le rappel des règles d’hygiènes et de protection, il existe plusieurs orientations possibles (non exhaustives) :

Compte tenu des symptômes ou pathologies de votre patient(e) (cf. effets sur la santé)

Comment rechercher une exposition professionnelle au plomb ?

Vous pouvez interroger votre patient(e) sur :

Son métier

  • Quel est votre métier actuel ou passé (cf secteurs d’activité les plus à risque) ?
  • Travaillez-vous ou avez-vous travaillé dans un environnement où l’on manipule du plomb, des métaux fondus, des batteries, des peintures anciennes ou des matériaux contenant du plomb, vitraux, céramiques, des balles pour armes à feu … ?

Ses expositions professionnelles

  • Réalisez-vous des opérations de ponçage, grattage, soudure, découpe ou décapage de peintures ou matériaux anciens ?
  • Soudez-vous ou découpez-vous des pièces métalliques ?
  • Êtes-vous exposé(e) à des fumées, poussières ou vapeurs métalliques ?
  • Travaillez-vous dans un lieu mal ventilé ou confiné ?

Une surveillance médicale spécifique

  • Votre poste fait-il l’objet d’un suivi individuel renforcé (SIR) ?
  • Avez-vous déjà eu une plombémie de contrôle ? (Si oui, à quelle fréquence ?)

Si exposition professionnelle au plomb

  • Vous arrive-t-il de manger, boire ou fumer sur votre lieu de travail ?
  • Vous lavez-vous les mains et le visage avant les repas ?
  • Prenez-vous une douche avant de quitter votre travail ?
  • Disposez-vous d’un équipement de protection individuelle adapté (gants, masque, combinaison, etc.) ?
  • Ramenez-vous vos vêtements, outils ou équipements de travail à la maison ou dans votre véhicule personnel ? Où lavez-vous vos vêtements de travail ?

Comment rechercher une exposition environnementale au plomb (chez un adulte ou chez une enfant) ?

Vous pouvez interroger votre patient(e) sur différents points

Son logement

L’eau et canalisations

  • Y a-t-il des canalisations en plomb dans votre logement ?
  • Consommez-vous de l’eau du robinet ?

Son alimentation et ses habitudes de vie

  • Utilisez-vous des plats en céramique artisanale, en étain ou en cristal pour cuisiner ou conserver les aliments ?
  • Utilisez-vous du maquillage artisanal (ex. khôl) ?
  • Utilisez-vous ou consommez-vous régulièrement des argiles comme le Kaolin ?
  • Avez-vous l’habitude de porter vos mains à la bouche (cigarette, ongle, …) ?
  • Pour un enfant : L’enfant met-il fréquemment des objets ou ses mains à la bouche ? Mange-t-il parfois des écailles de peinture ?

Ses activités

  • Est-ce que vous (ou une personne de votre entourage) travaillez ou pratiquez un loisir exposant au plomb (ex. métallurgie, fabrication de batteries, récupération de métaux, poterie, vitrail, stand de tir, chasse, pêche …) ?
  • Est-ce que vous habitez ou fréquentez un lieu proche d’un site industriel à risque en activité (métallurgie, recyclage, etc.) ou non (ex. friche industrielle) ?

Ses antécédents

  • Avez-vous (ou votre enfant) déjà été intoxiqué(e) par le plomb ?
  • Dans votre entourage, une personne a-t-elle déjà eu une intoxication au plomb ?
  • Pour un enfant récemment arrivé en France : A-t-il pu être exposé dans son pays d’origine ?
  • Où lavez-vous vos vêtements de travail ?
  • Y a-t-il de jeunes enfants ou une femme enceinte à votre domicile ?
En France, 200 000 salariés seraient exposés au plomb dans le cadre de leur travail (Enquête Sumer, 2017)

Les principaux secteurs d’activités concernés par une exposition au plomb sont :

Source : Tableau extrait du site de l’INRS - Les risques liés au plomb

Principaux secteurs d'activité exposés au plomb

Bâtiment

  • Intervention sur des peintures et des canalisations dans des bâtiments anciens (enlèvement, réfection…)
  • Découpe ou sablage de structures métalliques recouvertes de peinture anticorrosion
  • Travaux de couverture (soudure au plomb, utilisation de feuille de plomb…)

Industrie

  • Fabrication et recyclage de batteries
  • Fabrication de céramique (carreaux…)
  • Métallurgie, en particulier les fonderies d’alliages de cuivre
  • Recyclage de produits électroniques
  • Fabrication de peintures
  • Plasturgie
  • Fabrication de verres spéciaux et de cristal
  • Réparation de radiateurs d’engins et de poids lourds

Artisanat

  • Fabrication et réfection de vitraux
  • Poterie
  • Fonderie d'art
  • Joaillerie

Autres

Stands de tir

Point de vigilance sur les travailleurs exposés au plomb : des règles d’hygiène à respecter
  • Interdiction de boire, manger, fumer sur les lieux de travail
  • Lavage des mains et du visage avant les repas
  • Douche après le travail (des douches doivent être à la disposition des salariés par l’employeur)
  • Changement des vêtements après le travail et nettoyage séparé, si non pris en charge par l’employeur

Focus sur les travailleuses enceintes ou allaitantes

Il est réglementairement interdit pour une femme enceinte ou allaitante d’être exposée au plomb de façon professionnelle. En cas d’environnement professionnel susceptible d’exposer au plomb une femme enceinte ou allaitante, il est important que le médecin de soin (généraliste ou spécialiste) rappelle à sa patiente l’importance :

  • De prendre rapidement rendez-vous avec son médecin du travail (visite à la demande) afin que ce dernier puisse l’extraire de l’environnement de travail potentiellement dangereux pour elle et l’enfant à naitre ; de la même façon, une visite à la demande auprès du médecin du travail est recommandée dès le démarrage du projet de grossesse
  • De déclarer le plus précocement possible sa grossesse à son employeur, afin que les mesures préventives adaptées puissent être mises en œuvre

Un suivi individuel renforcé (SIR) pour qui ?

En raison de la toxicité du plomb, notamment de son effet reprotoxique, les salariés exposés au plomb bénéficient d’un SIR par la médecine du travail :

  • Si l’exposition à une concentration de plomb dans l’air est supérieure à 0,05 mg/m3, calculée en moyenne pondérée dans le temps sur une base de 8h (seuil qui s’abaissera progressivement à 0,015 mg/m3 dès le premier semestre 2026 jusqu’au 1er janvier 2029 (nouvelle directive européenne du 13 mars 2024))
  • Ou si une plombémie est supérieure à 200 µg/l pour les hommes et 100 µg/l pour les femmes (seuil qui s’abaissera progressivement à 90 µg/l pour tous jusqu’au 1er janvier 2029)

A noter également que la nouvelle directive européenne du 13 mars 2024, prévoit pour les femmes en âge de procréer, la mise en place d’une SIR si la plombémie est supérieure à 45µg/l. 

Par ailleurs, les valeurs limites biologiques (VLB) qui en France, ne doivent pas dépasser 400 µg de plomb par litre de sang pour les hommes et 300 µg/l pour les femmes, seront abaissées progressivement jusqu’à 150 µg/l pour tous à partir du 1er janvier 2029.

Est-il possible de mettre en place une surveillance médicale post professionnelle ou post exposition ?

Le plomb et ses composés étant classé comme agent cancérogène, mutagène, reprotoxique (CMR), une surveillance médicale post professionnelle (ou suivi post professionnel) peut être mise en place en fin de carrière du salarié ou à la fin de l’exposition.

En savoir plus sur la surveillance médicale post professionnelle

Le plomb peut pénétrer dans l’organisme de différentes façons :

Par voie digestive (ex : par les mains souillées portées à la bouche, en cas d’onychophagie (le fait de se ronger les ongles), par des aliments ou eau contaminés par du plomb, etc.),

Par voie respiratoire (ex : poussières, fumées)

Ou par voie transplacentaire chez la femme enceinte.

Le plomb absorbé est stocké dans l'organisme (90 % au niveau des os) et s’élimine très lentement. 

L’exposition régulière au plomb, qu’elle soit professionnelle ou environnementale, présente de nombreux risques pour la santé, en raison de sa toxicité, même à faible dose, en provoquant des troubles réversibles (anémie, troubles digestifs) et/ou irréversibles (retard mental et/ou psychomoteur chez l’enfant ...).

Le plomb et ses composés sont classés comme toxiques pour la reproduction(i) sans effet seuil.

On parle de saturnisme infantile lorsque la plombémie chez un enfant ou adolescent de moins de 18 ans est supérieure ou égale à 50 microgrammes par litre de sang. Les cas de saturnisme infantile doivent faire l’objet d’une déclaration obligatoire à l’ARS.

Où l’on peut retrouver du plomb ?

Au niveau :

  • D’anciennes peintures dans les logements construits avant 1975 et surtout avant 1949 ((à noter que l’interdiction de mise sur le marché des peintures contenant de la céruse ou des sulfates de plomb date seulement de 1994)
  • De l’eau circulant dans des canalisations en plomb
  • De l’alimentation provenant de sols pollués ou servie dans une vaisselle en céramique de fabrication artisanale, en étain ou en cristal,
  • De remèdes (ex. argile type Kaolin) ou de cosmétiques traditionnels (ex.khôl)
  • D’activités professionnelles et de loisirs exposant au plomb (cf page 2)
  • De l’air contaminée proche du lieu de vie ou du lieu d’activité industrielle du fait de la proximité d’un site industriel à risque en activité (métallurgie, recyclage, etc.) ou non (friche industrielle polluée) : Pour mieux connaitre les risques de son territoire : Géorisques

Point de vigilance vers 3 catégories de population à risque

  • Les enfants de moins de 6 ans
  • Les femmes enceintes
  • Les travailleurs exposés professionnellement aux poussières de plomb : dans ce cas, la vigilance doit être double : vis-à-vis d’eux-mêmes pour garantir leur propre santé mais également vis-à-vis des personnes de leur entourage et notamment des enfants (en cas de contamination des vêtements et du risque de transport de particules de plomb jusqu’au domicile)

Quels sont ses effets sur la santé ?

L’intoxication au plomb passe le plus souvent inaperçue, toutefois les effets du plomb sur la santé peuvent être :

Systèmes affectés

Effets principaux

Nerveux

Troubles de l'humeur et de la mémoire, détérioration des capacités intellectuelles, atteinte des nerfs moteurs périphériques, atteinte du système nerveux central

Digestif

Douleurs abdominales intenses, nausées, vomissements, constipations

Hématologique

Anémie 

Rénal

Perturbation des fonctions d'élimination, insuffisance rénale chronique

Cardiovasculaire

Hypertension artérielle

Reproduction

Infertilité homme/femme, fausse couche, prématurité, transmission fœtale

Développement de l'enfant

Retard de croissance, troubles du comportement

Le Plomb est un agent cancérogène, mutagène, reprotoxique (CMR) : classé toxique pour la reproduction 1A (avéré) selon l’annexe I du règlement (CE) no 1272/2008 et cancérogène 2B (substance dont les effets sont possiblement cancérogènes pour l’espèce humaine) selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Ce MOOC vise à sensibiliser et à apporter une aide concrète sur l'accompagnement dans le maintien en emploi des personnes atteintes de cancer ainsi que sur le repérage et la déclaration des cancers d’origine professionnelle.

Il comprend 3 capsules vidéos (durée totale d’1h30), des outils pratiques et des quiz d’évaluation.

A noter : Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 27 février 2026, une seconde session d’inscription est prévue en septembre 2026

Le Comité Départemental d’Éducation pour la Santé des Alpes-Maritimes (CoDES 06) organise un colloque sur le thème : « La santé mentale, ça se joue aussi au travail ! », le mardi 20 janvier 2026 à Nice.

Cette journée, financée par l’ARS PACA et soutenue par le Département 06, réunira des experts médicaux, universitaires, associatifs et institutionnels pour croiser les regards et proposer des pistes d’actions concrètes. Les outils du maintien en emploi disponibles sur le site du SISTEPACA y seront présentés.

Fruit d’un travail pluridisciplinaire du dispositif régional des acteurs de la santé au travail et de la promotion de la santé (DRPST), ce document a pour vocation de :

  • Lever les tabous autour de la santé mentale en entreprise
  • Amener les dirigeants à prendre conscience de l’impact de leur propre santé mentale sur leur activité et leurs équipes
  • Présenter les ressources mobilisables sur le territoire pour accompagner et soutenir les dirigeants

La CPTS Actes-Santé et l’ORS Provence-Alpes-Côte d'Azur, via le dispositif SISTEPACA, ont organisé un webinaire « Cancer et Travail » destiné aux professionnels de santé et médico-sociaux des 14ᵉ, 15ᵉ et 16ᵉ arrondissements de Marseille.

Ce webinaire visait à sensibiliser à la reprise du travail et à la prévention de la désinsertion professionnelle des patients atteints de cancer, ainsi qu’aux cancers d’origine professionnelle. Il a été réalisé en partenariat avec un médecin du travail de l’AISMT 13.

Dans le cadre de la semaine Européenne de l’Emploi des Personnes Handicapées (SEEPH), les signataires de la Charte Régionale de Coopération sur le Maintien dans l’Emploi en PACA ont proposé un webinaire dont l’objectif était de présenter un outil d’information simple et pratique sur le maintien en emploi dans le secteur privé, disponible sur le SISTEPACA, tout en l’illustrant avec des exemples concrets par des professionnels de la santé au travail.

Dans le cadre de la semaine Européenne de l’Emploi des Personnes Handicapées (SEEPH), les signataires de la Charte Régionale de Coopération sur le Maintien dans l’Emploi en Provence-Alpes-Côte d'Azur ont proposé un webinaire dont l’objectif était de présenter un outil d’information simple et pratique sur le maintien en emploi dans le secteur privé, disponible sur le SISTEPACA, tout en l’illustrant avec des exemples concrets par des professionnels de la santé au travail.